À travers son format signature #Portrait, L’Abeille Média raconte des histoires qui disent quelque chose de vrai sur notre époque. L’Abeille Média est le média partenaire du Cercle des Bâtisseuses : les deux font partie du même écosystème, celui d’Ethnic’Up.
Ce portrait de Leila Ettir est né de cette collaboration : une manière concrète de transmettre, d’inspirer, et de faire grandir une communauté de femmes qui se soutiennent entre elles.
Leila Ettir •
Portrait de Bâtisseuse : accompagner sans diriger, inspirer sans imposer
Il existe des femmes dont la présence apaise avant même qu’elles ne prennent la parole.
Leila Ettir semble appartenir à cette catégorie. À travers chacun de ses messages, une même ligne se dessine : celle d’une femme qui croit profondément en l’être humain et en sa capacité à grandir par lui-même.
Sophrologue, accompagnante en développement personnel, spécialisée en PNL et actuellement auteure d’un futur ouvrage mêlant son parcours de vie à la puissance du mindset, Leila ne revendique jamais le rôle de celle qui sait. Elle préfère celui de celle qui marche aux côtés des autres.
Cette posture transparaît jusque
dans ses mots.

Lorsqu’elle découvre le Cercle des Bâtisseuses, ce n’est pas le concept qu’elle met en avant, mais la dynamique humaine. Elle parle de lien, de transmission, d’inspiration mutuelle. Pour elle, une communauté n’existe réellement que lorsqu’elle permet à chacun de déposer une émotion, une expérience ou une réflexion capable de faire grandir les autres.
Cette vision en dit long sur sa manière de concevoir les relations humaines.
Chez Leila, l’accompagnement n’est jamais une prise de pouvoir.
Sa récente réflexion sur la spiritualité en tant que membre active du groupe Facebook « le Cercle des Bâtisseuses » illustre parfaitement cette philosophie.
Dans un texte empreint de douceur, elle rappelle que la spiritualité est un chemin intime et que le rôle d’un guide n’est pas de décider à la place des autres.
Une phrase résume peut-être le mieux sa pensée :
Le guide éclaire ton chemin. Le gourou veut choisir la direction à ta place.
Cette distinction révèle une valeur fondamentale chez elle : le respect de la liberté intérieure.
Leila semble croire que chaque femme possède déjà en elle les ressources nécessaires pour avancer. Son rôle n’est pas de créer une dépendance, mais de permettre à chacune de retrouver confiance en sa propre intuition.
Cette manière d’être se retrouve également dans son attitude au sein du Cercle des Bâtisseuses. Elle encourage, remercie, valorise les initiatives, propose son aide avec simplicité et participe naturellement à la construction collective. Même lorsqu’elle évoque ses propres projets, comme l’écriture de son livre, elle le fait avec humilité, n’hésitant pas à demander conseils et retours d’expérience.
Cette capacité à demander de l’aide est souvent le signe d’une grande maturité. Elle montre qu’accompagner les autres ne signifie pas cesser d’apprendre soi-même.
Leila fait également partie de ces personnes qui voient les détails que beaucoup ignorent.
Lors de la création du futur studio radio du Cercle « Les échos des Bâtisseuses », elle ne s’est pas limitée à encourager le projet : elle a imaginé l’ambiance, réfléchi à l’agencement, proposé une décoration favorisant un espace chaleureux et accueillant. Une manière concrète de contribuer, fidèle à son tempérament.
À travers ses interventions, on découvre une femme réfléchie, sensible, profondément respectueuse des parcours de chacun, mais aussi capable d’exprimer ses convictions avec calme et nuance.
Elle ne cherche pas à convaincre.
Elle invite à réfléchir.
Elle ne parle pas plus fort.
Elle écoute davantage.
Dans une époque où beaucoup cherchent à être suivis, Leila rappelle qu’il est parfois plus précieux d’aider chacun à retrouver sa propre voix.
C’est peut-être cela, finalement, être une Bâtisseuse •
Construire des femmes libres.
Des femmes capables de penser par elles-mêmes, de transmettre sans dominer et d’élever sans jamais écraser.
Et c’est sans doute pour cette raison que sa présence trouve naturellement sa place au sein du Cercle des Bâtisseuses.
Parce que certaines personnes ne changent pas le monde par le bruit qu’elles font…
Mais par la paix qu’elles laissent derrière elles.

Portrait de Bâtisseuse
Entretien avec Leila Ettir •
« On me demande souvent qui je suis et ce qui m’a conduite à accompagner les autres. Pendant longtemps, j’aurais répondu en parlant de mon parcours professionnel. Aujourd’hui, je crois que la réponse est ailleurs. Elle est dans mon histoire, dans les femmes qui m’ont construite et dans les épreuves qui m’ont appris qu’il est toujours possible de transformer une blessure en force. »
Qui est Leila lorsqu’elle enlève toutes ses casquettes professionnelles ?
Je suis une femme profondément attachée aux siens.
J’aime les choses simples : un café partagé, une conversation qui dure des heures, les repas de famille, les rires, les voyages entre ici et le bled, les rencontres qui nous changent sans faire de bruit.

Je suis aussi une femme faite de contrastes. Mon style est à mon image. Un mélange d’urbain et de classique. J’aime quand les mondes se rencontrent. J’aime la diversité, les différences, parce que c’est ce qui nous enrichit.
J’ai grandi entre deux univers. Avec le recul, je dis souvent que j’ai vécu une époque archaïque dans une vie moderne. Cette phrase résume beaucoup de choses. Elle raconte les contradictions avec lesquelles j’ai grandi, les codes que j’ai appris à questionner et la femme que je suis devenue.
Et si je racontais tout ce que j’ai vécu, certains auraient sûrement du mal à me croire. Mais chaque épreuve m’a appris une chose :
on ne choisit pas toujours son histoire, en revanche on peut choisir ce que l’on décide d’en faire.
Quel événement de ta vie t’a donné envie d’accompagner les autres ?
Il y en a eu un. Un vrai.
Pendant plusieurs années, je me suis retrouvée à vivre dans un endroit où je ne me sentais plus à ma place. J’avais l’impression que tout ce que j’étais disparaissait peu à peu. J’ai vécu des injustices qui m’ont profondément marquée. Je me sentais diminuée, incomprise, enfermée dans une réalité qui n’était pas la mienne.
À un moment, j’ai sincèrement cru que j’allais me perdre.
Puis un matin, je me suis dit : « Si je veux continuer à vivre, je dois faire quelque chose de cette douleur. »
Autour de moi, il y avait des personnes qui vivaient elles aussi des situations extrêmement difficiles. Alors j’ai commencé à les écouter, à les aider, à les accompagner, sans imaginer une seule seconde que c’était moi qui étais en train de me reconstruire.
J’ai compris que l’on pouvait être blessée et continuer à aimer. Qu’on pouvait souffrir et continuer à tendre la main. Et surtout que l’on ne guérit jamais complètement seule.
Cet événement a changé ma vie. Il a donné un sens nouveau à tout ce que je fais aujourd’hui.
Tu parles souvent de transformation intérieure. Pour toi, qu’est-ce que cela signifie réellement ?
Pour moi, la transformation intérieure, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.
C’est arrêter de vivre la vie que les autres ont écrite pour nous.
C’est retrouver cette petite voix que l’on a parfois fait taire pendant des années. C’est enlever toutes les couches de peur, de culpabilité, de honte ou de conditionnement pour retrouver la femme que l’on a toujours été.
Je ne crois pas que nous soyons cassées. Je crois que nous oublions parfois qui nous sommes.
Notre devise est : « Je grandis en faisant grandir une autre femme. » Quelle femme t’a fait grandir… et comment espères-tu, à ton tour, faire grandir une autre femme ?
La première femme qui me vient à l’esprit, c’est ma mère.
Quand elle est arrivée en France, elle a dû faire face à des difficultés immenses. Enfant, je ne comprenais pas tout. Aujourd’hui, je mesure son courage. Elle m’a appris qu’on pouvait avancer avec dignité, même lorsque la vie ne nous épargne pas.
Puis il y a ma grand-mère.
Je la revois encore travailler, élever ses enfants et, lorsque nous arrivions au bled, trouver malgré tout l’énergie de nous accueillir les bras ouverts. Elle cuisinait pour tout le monde, prenait soin de chacun, nous entourait d’amour sans jamais se plaindre. Petite, je croyais que c’était normal. Aujourd’hui, je comprends que c’était une immense leçon d’amour.
Plus tard, d’autres femmes m’ont profondément marquée. L’histoire d’Oprah Winfrey m’a bouleversée. Elle m’a montré que nos blessures ne nous condamnent pas. Qu’elles peuvent devenir une force incroyable. Greta Thunberg et Francesca Albanese m’inspirent aussi par leur courage à défendre leurs convictions, même lorsque cela leur coûte.
Toutes ces femmes sont différentes. Pourtant, elles m’ont transmis la même chose : le courage de rester fidèle à soi-même.
Si je peux être, pour une femme, ce que ces femmes ont été pour moi — une présence, un encouragement, une lumière dans un moment de doute — alors je serai à ma place.
Tu accompagnes des femmes à travers la sophrologie et la PNL. En quoi ce type d’accompagnement peut-il aussi avoir un impact économique ou territorial ?
Pour moi, quand une femme retrouve confiance en elle, elle retrouve aussi l’envie d’avancer. Elle ose plus facilement se reconvertir, reprendre un travail ou créer un projet.
Mon rôle, ce n’est pas seulement d’aider les femmes à aller mieux. C’est aussi de les aider à croire en elles pour qu’elles puissent construire une vie qui leur ressemble. Et quand une femme avance, c’est aussi son entourage et son territoire qui en bénéficient.
Aujourd’hui, tu accompagnes aussi des femmes qui veulent se réinventer professionnellement. As-tu vu des femmes transformer leur reconstruction personnelle en un vrai projet ?
Oui, plusieurs fois. J’ai vu des femmes arriver sans confiance, avec beaucoup de doutes. Et puis, petit à petit, elles ont retrouvé leurs ressources et elles ont osé changer de métier, créer leur activité ou lancer un projet qui leur tenait à cœur.
C’est ce qui me touche le plus, parce que je vois que retrouver confiance en soi peut vraiment changer une vie.
Si tu pouvais laisser une seule phrase aux femmes qui liront cette interview dans dix ans, laquelle choisirais-tu ?
J’aimerais leur dire ceci :
« Ne laisse personne te faire croire que ton histoire diminue ta valeur. Ce que tu as traversé ne définit pas qui tu es. Ce que tu choisis d’en faire, oui. »




