Respect n’est pas une concession – Ce que Griedge Mbock a dit, et ce que vous ne voulez pas entendre

Non, Marine Tondelier. Ce n’est pas un refus.

C’est une réponse. Claire. Collective. Argumentée. Mais pour l’entendre, il faut déjà accepter de l’écouter.

Ce n’est pas un refus : c’est une intelligence du groupe

J’ai lu votre réaction, votre “chute de haut”, comme vous dites.

Et j’ai lu son intervention lors de la conférence de presse.

Celle de Griedge Mbock. Cette joueuse brillante, posée, qui n’a pas eu besoin d’en faire des caisses pour faire passer un message puissant.

Elle a dit :

« On a un groupe qui représente vraiment toutes les causes possibles : il est multiculturel, multireligieux, avec des orientations sexuelles différentes, ce n’est pas un brassard qui va définir les causes qu’on veut défendre. »

Et à la place du brassard arc-en-ciel, les Bleues ont choisi un mot unique : Respect.

Respect.

Pas repli. Pas renoncement.

Juste le mot le plus simple – et peut-être le plus fort – qu’on puisse poser quand on veut tenir ensemble dans un vestiaire, dans une équipe, dans un pays.

Ce n’est pas un refus : c’est une pédagogie de la pluralité

Vous auriez pu le saluer, ce choix. Dire que c’est courageux, dans le contexte. Qu’il y a là une vraie réflexion, un sens de la mesure, une recherche d’équilibre.

Mais non. Vous êtes allée chercher le clash.

Le raccourci. La posture.

Et moi j’ai répondu, sur X :

« C’est ce qui s’appelle l’intelligence collective et émotionnelle @marinetondelier.

Au lieu d’expliquer le message que Griedge Mbock porte, et nous expliquer aussi que c’est comme ça qu’on dirige une société en voie vers la paix et l’acceptation de tous, vous avez été encore une fois dans la démagogie et le ouin-ouin… »

Parce que oui, ce n’est pas un brassard qui fait l’inclusion. C’est la manière dont on parle ensemble. Dont on se respecte. Dont on se regarde sans surplomb.

Ce n’est pas un refus : c’est un refus de l’uniformité obligatoire

Je sais ce que vous pensez.

Qu’en ces temps de replis, de haine, d’exclusion, il faut des symboles forts.

Mais voilà le problème : quand le symbole devient une injonction, il cesse d’être un outil de lutte. Il devient un test de loyauté. Une épreuve d’alignement.

Et les Bleues, ce qu’elles ont fait, ce n’est pas refuser de lutter. C’est refuser de réduire toutes leurs luttes à un seul signe.

Elles sont croyantes, lesbiennes, athées, noires, métisses, blanches, musulmanes, chrétiennes, militantes ou pas.

Elles forment un collectif. Et ce collectif a décidé que le seul mot qui pouvait les rassembler sans les blesser, c’était : Respect.

Ce n’est pas un refus : c’est un pacte d’égalité

Vous avez dit tomber de haut.

Moi, j’y vois une élévation.

Une maturité rare dans la gestion d’un groupe.Une parole qui n’exclut personne. Une décision qui ne hiérarchise pas les causes.

Ce que vous avez lu comme une reculade, moi je l’entends comme une leçon d’inclusion réelle. Pas de façade.

Et ce que vous appelez une “non-position”, moi je l’appelle une prise de position courageuse : ne pas laisser un seul combat parler au nom de tous les autres. Ne pas instrumentaliser une cause, même juste, contre une autre.

Ce n’est pas un refus : c’est une alerte

Alors je repose la question.

Poliment. Mais sans détour :

Doit-on vous faire une explication de texte ou êtes-vous sciemment en train de créer une confrontation ?

Parce que le plus inquiétant, ce n’est pas qu’on n’ait pas tous le même brassard.

C’est qu’à chaque fois qu’un groupe cherche à inventer sa propre manière de dire les choses, on le somme de se taire, ou de choisir un camp.

Mais ça, ce n’est pas le vivre-ensemble. C’est l’assignation militante. Et ça n’a jamais fait société.

Ce n’est pas un refus : c’est une réponse. Elle mérite d’être entendue.

Respect, mesdames.

Vous n’avez pas fui. Vous avez pensé.

Vous n’avez pas cédé. Vous avez pesé.

Et vous avez pris position — sans slogan, sans drapeau, sans surenchère.

Ce n’est pas un refus. C’est une réponse.

Et c’est peut-être la plus précieuse qu’on ait entendue depuis longtemps.

Alors, découvrons la nouvelle capitaine de l’équipe de France féminine de football.

Hanan Zahouani

 

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