Ce que Hassan II nous a appris sur la loyauté politique.
Une phrase tranchante, droite, sans détours
Chez Hassan II, il y avait des mots qui servaient de boussole. Cette maxime en fait partie. Elle ne parle pas seulement de géopolitique ou de stratégie. Elle parle d’un rapport au monde, d’un devoir de clarté. Dans un univers où les alliances changent, où les postures s’adaptent, cette phrase rappelle que la fidélité n’est pas une option diplomatique, mais un principe politique.
Ce n’est pas une question de guerre ou de paix. C’est une question de cohérence. Si l’on se dit ami, on ne pactise pas avec celui qui attaque, menace, ou salit. Et si l’on pactise malgré tout, alors on ne peut plus prétendre être dans le camp de la confiance.
Une maxime pour les temps troubles
Ce message est intemporel. Il vaut dans les relations internationales comme dans les cercles politiques, familiaux, communautaires. Il nous parle à nous, citoyens, exilés, intellectuels, responsables — à chaque fois qu’il faut faire un choix, ou nommer une position.
Hassan II ne nous disait pas seulement quoi penser. Il nous disait comment regarder, comment reconnaître les faux-semblants, et surtout, comment s’en préserver.
Mohammed VI : une diplomatie silencieuse, mais ferme

Aujourd’hui, le Maroc ne reprend pas ce style de déclaration frontale. La diplomatie marocaine adopte une tonalité plus sobre, mais parfois tout aussi ferme, à sa manière.
En mars 2023, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, déclarait :
« Le Maroc n’intervient pas dans les relations qu’un pays entretient avec l’Algérie. Cela ne nous concerne pas. »
Une réponse polie, presque administrative, à une question de presse sur les alliances internationales. Mais derrière cette sobriété, on retrouve la même colonne vertébrale : chacun choisit son camp. Le Maroc n’interdit rien, ne condamne pas à haute voix — mais il observe. Et il n’oublie rien.
Deux époques, une même exigence
La force de la phrase de Hassan II, c’est qu’elle pose une ligne rouge. Elle ne laisse pas place au flou : la loyauté se prouve dans les moments d’ambiguïté.
La posture actuelle, elle, fait le choix du temps long, de la constance discrète, mais garde la même attente en filigrane.
Ce que disait à haute voix le roi père, le roi fils l’exprime autrement — par les faits, les gestes mesurés et une parole rare mais choisie.
Ce que ça nous apprend selon l’Abeille Média
Que les relations entre États ne sont pas que protocole et façade. Que les paroles engagent, mais que les silences aussi. Que dans les moments de brouillard diplomatique, la fidélité se mesure aux gestes, autant qu’aux discours.
À retenir
Hassan II, dans cette phrase, ne construisait pas une doctrine guerrière. Il formulait un principe d’alerte. Il disait à son peuple : ouvrez les yeux, l’ennemi n’est pas seulement celui qui frappe, mais aussi celui qui salue pendant que l’autre frappe.
Cette lucidité reste essentielle. Et même si les mots changent, l’attente de clarté reste la même.

Aujourd’hui encore, la diplomatie marocaine repose sur un principe simple : la qualité d’une relation ne se mesure pas à la chaleur du ton, mais à la clarté des positions.
Ce que disait Hassan II en son temps – « Si tu vois ton ami avec ton ennemi, considère-le comme un ennemi » – n’était pas une formule de sagesse populaire. C’était une ligne de souveraineté.
Et cette ligne demeure.
Lorsqu’il dénonce l’usage de cartes tronquées du Maroc, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, ne fait que traduire la même exigence dans le langage diplomatique d’aujourd’hui :
« C’est une atteinte à notre intégrité territoriale et aux avancées diplomatiques et internationales obtenues sur la question du Sahara marocain. »
L’énoncé de Hassan II ne relève donc ni du proverbe, ni du clash. C’est une arme politique. Une grammaire d’État.
Et tant que les alliances demeureront floues, l’attente de clarté restera ferme.

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Hanan Zahouani



